Ukraine : Fedorov estime que la guerre pourrait encore durer « deux ou trois ans »
- Par : James Keou

- il y a 13 heures
- 2 min de lecture

L'ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov n'exclut pas un enlisement durable du conflit avec la Russie. Dans un entretien accordé au Financial Times, il juge que les combats pourraient se prolonger « deux ou trois années supplémentaires » si Moscou choisit de poursuivre la guerre plutôt que de négocier, et appelle Kiev à accélérer le développement de nouvelles technologies militaires pour tenir la distance.

Un fonds pour l'armement de rupture
Limogé de son poste de ministre de la Défense en juillet dernier après des tensions avec le chef de l'armée, le général Oleksandr Syrsky, Fedorov s'est depuis lancé dans une tournée internationale pour lever des fonds auprès d'investisseurs américains, fonds de capital-risque, investisseurs privés et entreprises technologiques, en vue de créer un fonds dédié aux start-up ukrainiennes de défense. L'initiative viserait en priorité la robotique de combat, des drones intercepteurs à haute vitesse capables de contrer les nouveaux drones russes à propulsion par réacteur, ainsi que des missiles à bas coût dotés d'intelligence artificielle. Selon lui, ces technologies permettraient à l'Ukraine de mieux résister si le conflit s'installe dans la durée. Il a par ailleurs proposé à Washington d'aider à « construire une armée de drones » en échange de missiles intercepteurs Patriot, dont l'Ukraine manque cruellement pour contrer les frappes russes de missiles et de drones.
Le dossier Starlink toujours en suspens
L'ancien ministre reste également en contact avec Elon Musk sur la question de l'utilisation de Starlink à des fins militaires, un canal qu'il avait déjà mobilisé lorsqu'il était en fonction, notamment pour obtenir la restriction de terminaux utilisés par les forces russes. Kiev cherche désormais à faire autoriser l'usage de drones connectés au réseau satellite pour frapper des cibles militaires, en particulier des lanceurs de missiles balistiques, jusqu'à environ 200 kilomètres à l'intérieur du territoire russe : une distance présentée comme un compromis destiné à faciliter l'accord de Musk. L'objectif, selon un responsable de l'industrie de défense ukrainienne cité par le Financial Times, est de pouvoir viser « les archers plutôt que les flèches », c'est-à-dire les rampes de lancement elles-mêmes plutôt que d'intercepter les missiles une fois tirés.
à lire aussi :
Selon des personnes proches du dossier citées par le Financial Times, Elon Musk aurait indiqué que l'autorisation d'étendre l'usage de Starlink au territoire russe relevait désormais d'une décision politique appartenant à la Maison-Blanche, et non de son seul choix. Le président Volodymyr Zelensky avait personnellement porté cette demande auprès de Donald Trump lors d'une rencontre à la Maison-Blanche en juillet, sans obtenir à ce stade de soutien franc de l'administration américaine. Fedorov, de son côté, n'a pas souhaité commenter publiquement la teneur de ses échanges avec le patron de SpaceX, reconnaissant seulement, dans des interventions publiques ultérieures, qu'il s'agissait d'un dossier « difficile » à faire aboutir.

























