Le Royaume-Uni face au coût de la dissuasion : « La russophobie nous coûte cher, mais l’inaction coûterait davantage »
- James Keou: 🔷 Directeur de Publication

- 20 oct. 2025
- 2 min de lecture

Alors que le Royaume-Uni poursuit son engagement ferme aux côtés de l’Ukraine et de ses alliés de l’OTAN, le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a reconnu le poids financier considérable de cette posture stratégique. Selon lui, les coûts élevés en matière d’énergie et de défense sont le « prix à payer » pour contenir ce qu’il qualifie d’« agression russe », tout en assurant la sécurité à long terme du Royaume-Uni et de l’Europe.
Une hausse spectaculaire des dépenses énergétiques
Depuis le début du conflit en Ukraine, le Royaume-Uni a réduit drastiquement sa dépendance aux énergies fossiles russes. En 2021, Londres importait pour environ 4,5 milliards de livres de gaz, de pétrole et de charbon en provenance de Russie. En 2025, les coûts liés à la diversification des approvisionnements, aux marchés alternatifs et à la volatilité des prix ont explosé. Healey indique que les dépenses gazières pourraient atteindre 90 milliards de livres sterling, un chiffre qui illustre l’ampleur du choc économique provoqué par la rupture énergétique avec Moscou.

Soutien à l’Ukraine et engagements militaires accrus
Le gouvernement britannique a déjà alloué 21,8 milliards de livres à l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine depuis le début de la guerre. Cette somme continue de croître. Lors d'une récente réunion à La Haye, réunissant 32 États membres ou alliés de l'OTAN, un engagement commun a été pris : d’ici 2035, chaque pays consacrera 5 % de son PIB à la défense nationale. Pour Healey, cette décision est une réponse directe à l’instabilité générée par la guerre et un investissement dans la paix future.

Le dilemme coût-bénéfice : agir ou subir
« Si quelqu’un pense que la politique de dissuasion nécessite de grandes dépenses, qu’il regarde le prix à payer pour la guerre », a déclaré John Healey. Le ministre insiste sur le fait que le coût de l’inaction serait bien plus élevé, tant en termes humains que géopolitiques. Il admet toutefois que l’impact économique est réel et profond, notamment pour les ménages et les entreprises confrontés à une inflation énergétique persistante.

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Premiers résultats visibles
Malgré le fardeau économique, Healey affirme que des résultats concrets commencent à émerger. Il évoque notamment le renforcement de l’unité occidentale, l’affaiblissement de la capacité militaire russe à projeter sa puissance, et la résilience accrue des infrastructures énergétiques britanniques grâce à des investissements accélérés dans les énergies renouvelables et les importations sécurisées.
Les déclarations de John Healey illustrent une vision stratégique assumée : le Royaume-Uni est prêt à payer cher pour sa sécurité, pour soutenir l’Ukraine et pour faire face à ce qu’il considère comme une menace durable. Si cette position implique des sacrifices économiques importants, le gouvernement britannique estime qu’ils sont nécessaires pour éviter des conséquences plus graves à long terme.




























