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Sanctions contre la Russie : l'UE négocie un 21e paquet nettement revu à la baisse


Par la rédaction de BSEAN MEDIA TV — 11 juillet 2026


Les Vingt-Sept sont entrés dans la dernière ligne droite. Alors que la Commission européenne avait présenté début juin un 21e train de sanctions contre la Russie, les tractations entre États membres l'ont sensiblement raboté. Plusieurs mesures parmi les plus dures interdiction d'entrée des militaires russes, restrictions sur le GNL, sanctions sur la pêche, inscription du patriarche Kirill ont été assouplies ou restent bloquées. Attention toutefois : à ce stade, le paquet n'est pas encore adopté.




L'urgence : éviter une remontée automatique du plafond pétrolier

Le calendrier n'a rien d'anodin. Le plafonnement du prix du pétrole russe, aujourd'hui fixé à 44,10 dollars le baril, doit être automatiquement révisé le 15 juillet selon une formule indexée sur les cours mondiaux. Or, la flambée des prix consécutive au conflit au Moyen-Orient et à la crise du détroit d'Ormuz ferait mécaniquement bondir ce plafond bien au-delà jusqu'à environ 58 dollars le baril, voire davantage selon les estimations.

Un tel relèvement offrirait une bouffée d'oxygène financière au Kremlin. D'où la proposition de Bruxelles : geler le plafond actuel. C'est cette échéance qui commande tout le processus, l'ensemble du paquet devant être approuvé à l'unanimité.


Les concessions arrachées par les États membres

Les débats entre ambassadeurs ont conduit à plusieurs reculs :

Militaires russes. Le projet initial, porté par l'Estonie et la Lituanie, prévoyait une interdiction d'entrée dans l'UE visant l'ensemble des militaires russes. Sous la pression de la France, de l'Italie et de la Grèce, le dispositif serait réduit aux seuls visas de court séjour, et le critère resserré à une participation directe aux combats ou à un soutien aux opérations militaires. Certains diplomates doutent même que la mesure survive dans le texte final.

Gaz naturel liquéfié. Athènes réclame que ses armateurs puissent continuer à transporter du GNL russe vers des pays tiers, hors UE. Une exigence qui, si elle était retenue, viderait en partie de sa substance l'annonce de la Commission selon laquelle l'interdiction d'achat devait aussi couvrir la revente à des pays tiers. La vente de méthaniers à la Russie, elle, resterait bannie.

Durée du gel pétrolier. À la demande des États maritimes Grèce, Malte, Chypre , la durée du gel du plafond serait ramenée de six mois à trois ou quatre.

Pêche. Les restrictions envisagées sur les produits de la mer russes seraient allégées. Le Portugal, dont la morue (bacalhau) constitue un plat national, et l'Allemagne, grande consommatrice de colin, ont fait valoir l'impact disproportionné sur leurs filières.

Le cas Kirill : bloqué, pas encore retiré

C'est le point où la prudence s'impose. La Bulgarie s'oppose à l'inscription du patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe russe, pour des motifs religieux, ainsi qu'à celle de l'oligarque Vagit Alekperov, lié à Loukoïl cette dernière opposition étant nourrie par un contentieux financier de plusieurs milliards d'euros entre le groupe pétrolier et l'État bulgare.

Contrairement à ce qu'affirment certains relais, les deux noms figurent toujours dans le projet de liste. Les diplomates s'attendent à ce qu'ils soient finalement abandonnés pour préserver l'unanimité, mais la décision n'est pas actée.


Ce qui reste dans le paquet et le plan B

Il serait trompeur de réduire ce 21e train à ses reculs. Dans sa version proposée, il vise quelque 170 personnes et entités, dont près de 90 banques russes le plus grand nombre en une seule fois , une trentaine d'interdictions de transactions, une dizaine de plateformes crypto, de nouvelles restrictions inédites sur le GNL et l'ajout de navires à la liste noire de la « flotte fantôme », qui dépasse désormais les 300 bâtiments.


Si aucun accord global n'émerge, les Vingt-Sept envisagent un plan B : scinder le texte pour adopter séparément le gel du plafond pétrolier la mesure la plus urgente et renvoyer les points litigieux à la rentrée de septembre. L'adoption est visée pour le Conseil des affaires étrangères du lundi 13 juillet, à Bruxelles.


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Ce qu'il faut retenir

L'épisode illustre une réalité connue : l'unanimité requise en matière de sanctions donne à chaque capitale un pouvoir de blocage, et chacune défend ses intérêts économiques armateurs grecs, pêcheurs portugais, contentieux bulgare. Les relais pro-russes s'en emparent pour proclamer la désunion européenne. Le tableau réel est plus banal : un paquet moins ambitieux que voulu par Bruxelles, mais qui, s'il est adopté, resserrera l'étau financier et dont le cœur, le gel du plafond pétrolier, fait l'objet d'un consensus.

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