Bases américaines au Royaume-Uni : plus de 4 milliards de dollars d'investissements, et le retour possible de l'arme nucléaire
- Par : James Keou

- il y a 19 heures
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Par la rédaction de BSEAN MEDIA TV — 1er juillet 2026
Les États-Unis s'apprêtent à investir plus 4,2 milliards de dollars, dans la modernisation de leurs bases militaires au Royaume-Uni. C'est ce que révèle une enquête du quotidien britannique The Guardian, qui s'appuie sur une présentation d'ingénieurs militaires américains datée de mars 2026 et sur des documents budgétaires transmis au Congrès. Parmi les chantiers prévus figurent des installations qui, serviraient probablement à stocker des armes nucléaires.
Lakenheath, au cœur du dispositif
La base aérienne de Lakenheath, dans le Suffolk, capte de loin la plus grosse enveloppe : environ 1,6 milliard de dollars. Les fonds doivent financer de nouveaux abris sécurisés, un renforcement des systèmes de sûreté et des infrastructures supplémentaires. Ces bunkers pourraient accueillir de nouvelles bombes nucléaires américaines, ce qui marquerait le retour d'un arsenal atomique sur le site pour la première fois depuis près de vingt ans.
Durant la guerre froide, les États-Unis avaient stationné des armes nucléaires à Lakenheath, avant leur retrait en 2008. Des analystes estiment qu'elles y sont probablement revenues au cours de l'année écoulée, sur la foi d'indices d'infrastructure. Il faut toutefois rester prudent : Washington comme Londres s'en tiennent officiellement à une politique consistant à « ne confirmer ni infirmer » toute présence nucléaire. Plusieurs des travaux annoncés étaient par ailleurs déjà connus et programmés de longue date.

Mildenhall, plaque tournante des opérations spéciales
Deuxième bénéficiaire, la base de Mildenhall toute proche, également dans le Suffolk recevrait environ 1,1 milliard de dollars. Moins exposée, elle abrite des unités d'opérations spéciales dont la mission consiste, selon le journal, à acheminer des opérateurs vers des zones « hostiles, fermées et politiquement sensibles » en Europe et en Afrique. Mildenhall joue aussi un rôle logistique majeur grâce à sa flotte d'avions ravitailleurs, très sollicitée ces dernières semaines pour soutenir les missions américaines au Moyen-Orient.
Fairford et Menwith Hill
La base de Fairford, dans le Gloucestershire, se verrait allouer près de 500 millions de dollars. Point d'appui des bombardiers lourds américains en Europe (B-52, B-1, B-2), elle a été intensément mobilisée lors des récentes frappes contre l'Iran, avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile. Sa piste renforcée de près de trois kilomètres permet d'y faire décoller des appareils capables d'emporter de lourdes charges, y compris des bombes anti-bunker.
Enfin, environ 163 millions de dollars sont prévus pour Menwith Hill, dans le Yorkshire du Nord. Exploité par l'agence américaine NSA, ce site figure parmi les plus importants centres d'interception électronique américains hors du territoire des États-Unis.
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Un débat qui refait surface
Au total, quelque 12 000 militaires américains sont déployés sur une quinzaine d'installations au Royaume-Uni, dont près de 6 000 à Lakenheath et 4 000 à Mildenhall. Ces bases, longtemps considérées par l'establishment britannique comme la clé de voûte de l'alliance avec Washington, sont revenues au centre du débat public à la faveur du récent conflit avec l'Iran. Le Premier ministre Keir Starmer avant son départ, avait d'abord montré des réticences quant à leur emploi dans cette guerre, avant d'en limiter l'usage à des fins « défensives ».
La perspective d'un retour de l'arme nucléaire sur le sol britannique, elle, ravive une controverse ancienne, entre partisans de la dissuasion et militants antinucléaires. Faute de confirmation officielle, elle reste, à ce stade, une hypothèse étayée par des indices pas une certitude.

























