Frappes ukrainiennes à Moscou, en Russie : la colère gronde. 36 heures de queue pour un litre de pétrole.
- Par : James Keou
- il y a 24 heures
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Par la rédaction de BSEAN MEDIA TV — 1er juillet 2026
La pénurie de carburant s'aggrave en Russie
Depuis plusieurs semaines, les frappes de drones ukrainiens ciblent méthodiquement les raffineries et infrastructures pétrolières russes, provoquant une crise du carburant qui touche désormais la quasi-totalité du pays. Des heures de queue pour quelques litres d'essence sont devenues le quotidien de millions de Russes face à ces frappes, alors que la guerre en Ukraine se poursuit depuis quatre ans.

Poutine reconnaît la crise, sans plus
Vladimir Poutine a reconnu une « certaine pénurie » lors d'une rare interview accordée dimanche 29 juin, tout en assurant qu'elle n'était que temporaire. Il a déclaré que la Russie connaissait « actuellement une certaine pénurie », en reconnaissant que les attaques ukrainiennes « causent manifestement des problèmes ».
Des files d'attente qui tournent au chaos
La situation est particulièrement critique en Sibérie : à Irkoutsk, une femme raconte avoir parcouru environ 50 kilomètres pour tenter de faire le plein, sans succès, tandis que d'autres automobilistes évoquent environ 18 heures d'attente avant d'atteindre la pompe. Le gouverneur de la région a demandé aux entreprises d'accroître autant que possible le télétravail, et le maire d'Irkoutsk a annoncé l'installation de toilettes mobiles à proximité des stations-service pour les automobilistes contraints d'attendre des heures.
À Rostov-sur-le-Don, une habitante a dû faire la queue devant une station-service pour apprendre, une heure plus tard, que l'essence y était également épuisée.
Tensions et débrouille

« Comment siphonner l'essence d'un réservoir » était la recherche internet la plus populaire de la semaine passée en Russie, signe de la débrouille à laquelle se résignent certains. Sur le terrain, des vidéos de longues files d'attente circulent en masse sur les réseaux sociaux, certains automobilistes allant jusqu'à se battre, alors que les prix du carburant continuent d'exploser. La police d'Irkoutsk a même signalé quatre personnes pour vente d'essence à prix excessifs.
En Crimée occupée, la situation est encore plus tendue : les autorités ont carrément suspendu la vente de carburant aux particuliers, désormais réservée aux services prioritaires, et à Sébastopol, les soldats chargés d'abattre les drones ukrainiens sont contraints de faire le plein dans des stations civiles, ce qui provoque des tensions avec des habitants qui attendent eux-mêmes des heures.
L'origine : les frappes ukrainiennes
Ces déclarations font suite à d'importantes frappes de drones ukrainiens dans le sud-ouest de la Russie, région de Krasnodar, qui ont provoqué un incendie à la raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban et fait un mort.
Les mesures du Kremlin
Face à la crise, Moscou multiplie les mesures d'urgence :
Les grandes raffineries fonctionnent à pleine capacité, le potentiel des installations moyennes et petites est pleinement exploité, les intervalles d'entretien ont été raccourcis et des travaux de maintenance programmés ont été reportés
Selon le journal Kommersant, le gouvernement envisage de réautoriser l'essence et le diesel de qualité inférieure (normes Euro 2 à Euro 4), et de permettre à nouveau leur importation même hors normes de l'Union économique eurasiatique.
Une interdiction temporaire d'exporter du kérosène a été décrétée le 1er juin, en vigueur jusqu'au 30 novembre 2026, pour tenter de stabiliser le marché intérieur.
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Fait notable : la panique ne touche plus seulement la population ordinaire, mais gagne aussi les blogueurs proches du Kremlin, dont certains s'étonnent publiquement de voir la Russie elle-même souffrir d'un effondrement de son approvisionnement en carburant, un sort qu'elle promettait autrefois à l'Europe.
En résumé : la situation évolue vite et de façon défavorable, région par région, sans qu'aucune amélioration rapide ne se dessine pour l'instant.














