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G20 : le retour de la Russie à la table des discussions provoque la colère des Européens

G20 : le retour de la Russie à la table des discussions provoque la colère des Européens

Le G20 vient de vivre l'un de ses moments les plus tendus depuis le début de la guerre en Ukraine. La participation en personne du ministre russe des Finances Anton Silouanov à la réunion des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20, organisée le 31 août à Asheville, en Caroline du Nord, a suscité une vive colère chez plusieurs responsables européens.



G20 : le retour de la Russie à la table des discussions provoque la colère des Européens

Un retour physique chargé de symbole

C'est la première fois depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, en février 2022, que le ministre russe participait physiquement à une réunion financière du G20 , un net contraste avec avril 2022, lorsque plusieurs délégations occidentales avaient quitté la salle pendant sa seule intervention en visioconférence. Ce retour, organisé sur le sol américain sous l'égide de l'administration Trump, ne pouvait passer inaperçu tant il revêt une dimension symbolique forte, alors que la guerre se poursuit et que les sanctions économiques occidentales restent, sur le papier, un pilier de la réponse à Moscou.

Le ministre allemand des Finances et vice-chancelier, Lars Klingbeil, a jugé ce choix américain « troublant », y voyant le risque d'une tentative de normalisation des relations avec Moscou. Il aurait fait savoir directement à Anton Silouanov que la Russie devait mettre fin à la guerre et que l'Europe restait fermement aux côtés de l'Ukraine. Le ministre polonais des Finances, Andrzej Domański, s'est montré tout aussi direct : « Nous ne faisons pas confiance à la Russie. Ils mentent constamment. »



Un snobisme assumé sur la photo de famille

Le désaccord européen s'est aussi traduit par un geste symbolique fort. Plusieurs ministres et banquiers centraux européens dont la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde et le ministre britannique des Finances John Healey, s'étaient accordés en amont pour refuser de figurer sur la traditionnelle photographie de groupe aux côtés du ministre russe. Le cliché a finalement été pris sans Anton Silouanov, à l'écart de la couverture de presse. Une manière, pour les Européens, de maintenir des canaux de dialogue pragmatiques avec Moscou tout en refusant tout ce qui pourrait ressembler à une reconnaissance d'un retour au statu quo antérieur à 2022.


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La séquence a pris une tournure plus significative encore avec la rencontre bilatérale entre Anton Silouanov et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, en marge de la réunion. Les discussions ont notamment porté sur le plan de Donald Trump pour l'Ukraine, tandis que la partie russe cherchait à évoquer d'éventuelles pistes de coopération économique et financière avec Washington. Selon une source proche des discussions citée par Reuters, Scott Bessent aurait clairement fait savoir à son homologue russe qu'aucun allègement économique ni accord ne pourrait intervenir tant que la guerre en Ukraine ne serait pas terminée, une position que la Maison-Blanche a défendue comme relevant d'un dialogue nécessaire pour « mettre fin à ce bain de sang sans fin ». De son côté, Donald Trump a balayé les critiques européennes d'une formule laconique : « Nous aimons bien nous entendre avec tout le monde. »



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Une divergence de méthode plus qu'une rupture sur les sanctions

Rien, dans les informations disponibles, ne permet d'affirmer que les États-Unis auraient décidé de lever leurs sanctions contre la Russie ou d'engager une normalisation économique avec Moscou : Scott Bessent a explicitement conditionné toute avancée à la fin du conflit. Le désaccord entre Washington et ses partenaires européens porte donc moins, à ce stade, sur l'objectif affiché faire cesser la guerre, que sur la méthode à employer pour y parvenir : l'administration Trump estime possible de maintenir la pression économique sur la Russie tout en rouvrant des canaux politiques de haut niveau, quand plusieurs Européens redoutent que la multiplication de ces contacts ne finisse par produire une normalisation politique avant même la fin du conflit.

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