Élise Lucet, veuve à 48 ans : qui était Martin Bourgeois, le père de sa fille ?
- Soline 🔸 Rédactrice 🔸

- il y a 6 jours
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Ce jeudi 15 janvier 2026, France 2 diffuse un nouveau numéro d’Envoyé spécial, présenté par Élise Lucet. Fidèle à la ligne éditoriale exigeante du magazine, l’émission propose deux enquêtes fortes : Le procès de mon père, qui donne la parole à des enfants confrontés à l’assassinat de leur mère par leur père, et L’armée, je l’aime mais je la quitte, consacrée à la crise silencieuse qui traverse aujourd’hui les rangs de l’armée française. Des sujets lourds, incarnés par une journaliste dont la rigueur professionnelle s’est aussi forgée dans une épreuve intime.
Un drame personnel derrière la figure de l’investigation
Derrière l’image inflexible de la journaliste d’investigation se cache en effet une femme profondément marquée par la perte de son mari. En 2011, Élise Lucet devient veuve à l’âge de 48 ans, après la disparition de Martin Bourgeois, laissant la journaliste seule pour élever leur fille, Rose, alors âgée de quatre ans.
Née le 30 mai 1963 à Rouen, Élise Lucet s’est longtemps consacrée à sa carrière avant de fonder une famille. Au début des années 2000, alors qu’elle présente le journal de 13 heures de France 2, elle rencontre Martin Bourgeois. Antiquaire passionné, discret et éloigné du monde médiatique, il devient rapidement un soutien essentiel dans sa vie. Entre eux, le coup de foudre est immédiat.
Le couple se marie en juillet 2006, avant d’accueillir leur fille Rose en février 2007. Une maternité tardive, pleinement assumée par Élise Lucet, qui expliquait avoir attendu de rencontrer le bon compagnon pour construire une famille. Durant quelques années, ils mènent une vie paisible, loin de l’agitation médiatique.

La maladie et la disparition de Martin Bourgeois
Cet équilibre est brutalement rompu en 2011. Martin Bourgeois succombe à une leucémie foudroyante à l’âge de 42 ans. En quelques mois, la maladie emporte le père de famille, laissant Élise Lucet et sa fille face à un deuil aussi soudain que dévastateur.
Toujours très pudique sur sa vie privée, la journaliste n’a jamais exposé sa douleur. Elle a néanmoins reconnu, à de rares occasions, combien cette épreuve avait profondément transformé sa vision de l’existence. « Quand on a vécu ce genre de choses, on n’a plus peur de grand-chose », confiait-elle, évoquant une redéfinition radicale de ses priorités.
Le travail comme point d’ancrage
Après la disparition de son mari, Élise Lucet choisit de continuer à travailler. Non comme une fuite, mais comme une nécessité vitale. Le travail devient sa « colonne vertébrale », un repère pour tenir face au chagrin. Elle reste à la présentation du journal de 13 heures, puis s’impose durablement à la tête d’Envoyé spécial et de Cash Investigation, devenant l’une des journalistes les plus respectées — et redoutées — du paysage audiovisuel français.
Dans une interview accordée au Monde, elle expliquait que le deuil enlève une part d’insouciance, mais en crée une autre : celle de savoir que tout peut s’arrêter demain. Une conscience aiguë du temps et de l’essentiel, qui irrigue autant sa vie personnelle que son engagement professionnel.

Une mère avant tout
Depuis 2011, Élise Lucet élève seule sa fille Rose, devenue sa priorité absolue. Très protectrice, elle a organisé son quotidien autour d’elle, imposant ce qu’elle appelle la « jurisprudence Rose » à ses équipes : sauf tournage exceptionnel, elle doit être rentrée chez elle en début de soirée. Une règle respectée dans un milieu réputé pour ses horaires extensibles.
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Extrêmement discrète sur sa vie sentimentale, Élise Lucet n’a jamais refait sa vie publiquement. Elle avance, concentrée sur son rôle de mère et sur son métier, portée par une résilience forgée dans l’épreuve.
Veuve à 48 ans, Élise Lucet a transformé la tragédie en moteur. Sans jamais instrumentaliser son histoire personnelle, elle incarne une forme de courage silencieux : celui d’une femme qui, malgré la perte, continue de donner la parole aux autres, de questionner le pouvoir et de mettre en lumière les injustices. Une trajectoire où la force intime et l’exigence journalistique semblent aujourd’hui indissociables.






























