Présidentielle 2027 : le RN confirme qu'il veut sanctionner le port du voile par une amende s’il est élu en 2027
- Par : James Keou

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 23 heures

Le Rassemblement national a levé toute ambiguïté sur l'une de ses mesures les plus controversées. Ce dimanche 30 août, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy a confirmé sur BFMTV que le parti de Marine Le Pen entend, en cas de victoire à la présidentielle de 2027, sanctionner par une amende le port du voile islamique dans l'espace public.
« Ça a été tranché »
Interrogé sur ce sujet qui avait fait l'objet de débats en interne au RN, notamment lorsque Jordan Bardella apparaissait comme un recours possible à la tête du parti, Jean-Philippe Tanguy a été catégorique : « Ça a été tranché. » Le député a justifié cette ligne en affirmant que la mesure serait « soutenue par 60 % à 70 % des Françaises et des Français », un chiffre avancé sans référence à une étude d'opinion précise sur ce sujet spécifique.
Sur le fond, l'élu RN a inscrit cette proposition dans un registre idéologique plus large : « Nous allons évidemment combattre l'idéologie islamiste et nous sanctionnerons le port du voile, aussi en solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui sont forcées à le porter et qui meurent pour avoir cette liberté. » Concernant les modalités pratiques, il a comparé la future sanction à celle qui frappe déjà les automobilistes : « S'il y a des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende », a-t-il déclaré, au même titre que « les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité ».
Une promesse ancienne, un obstacle juridique persistant
L'interdiction du port du voile dans l'espace public ne constitue pas une nouveauté dans le programme de Marine Le Pen : elle figurait déjà parmi ses engagements lors de ses trois précédentes candidatures à l'Élysée. Sa remise sur le devant de la scène, à moins d'un an du scrutin, confirme que le parti a choisi de ne pas l'abandonner, malgré les réserves qui s'étaient exprimées en interne.
La mesure se heurte cependant à un obstacle de taille : la loi française de 2010, seule à ce jour validée par le Conseil constitutionnel et la justice européenne, interdit uniquement la dissimulation du visage dans l'espace public, c'est-à-dire le port du niqab ou de la burqa. Étendre l'interdiction au foulard islamique, qui laisse le visage visible, supposerait un texte entièrement nouveau, dont plusieurs constitutionnalistes doutent qu'il puisse être rattaché au principe de laïcité, celui-ci s'appliquant à la neutralité de l'État et non aux citoyens dans l'espace public. Conscient de ce risque de censure, le parti a évoqué la piste d'un référendum pour tenter de contourner un éventuel blocage du Conseil constitutionnel, une option elle-même contestée par des juristes, qui rappellent que ce type de consultation est en principe réservé à des sujets de politique sociale ou économique.
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Des réactions partagées, y compris chez les défenseurs des droits des femmes
Au-delà du débat strictement juridique, la proposition du RN suscite des positions contrastées jusque dans les rangs des associations féministes, certaines y voyant un outil de lutte contre les pressions patriarcales exercées sur certaines femmes, d'autres estimant au contraire qu'une telle interdiction pénaliserait en premier lieu des femmes déjà en situation de vulnérabilité, sans s'attaquer aux causes profondes d'éventuelles contraintes.
Reste que la question de la mise en œuvre concrète d'une telle mesure identification des tenues concernées, contrôles sur la voie publique, risques de contrôles ciblés alimente déjà les critiques de ses opposants, qui y voient une proposition davantage destinée à occuper le débat de la campagne présidentielle qu'à constituer un texte juridiquement solide.
























