Le Diable s’habille en Prada 2 : Anna Wintour et Meryl Streep interrogent l’âge et le pouvoir dans la mode
- Soline 🔸 Rédactrice 🔸

- 15 avr.
- 2 min de lecture

À l’occasion de la sortie de Le Diable s’habille en Prada 2, Meryl Streep et Anna Wintour apparaissent ensemble en couverture d’un numéro historique de Vogue US. Il s’agit d’un événement inédit : c’est la première couverture d’Anna Wintour après 37 ans à la tête du magazine. Celle qui a façonné l’image de générations de femmes dans la mode accepte, pour la première fois, de se prêter à cet exercice médiatique aux côtés de l’actrice qui incarne, depuis 2006, une version inspirée de son personnage.
Cette prise de parole croisée donne lieu à une conversation sans filtre autour du pouvoir, de la représentation des femmes, de la maternité et de la manière de rester visible dans un univers où l’âge féminin a longtemps été synonyme d’effacement.
Le 29 avril, les salles françaises accueilleront ce nouvel opus, déjà présenté comme l’un des événements cinématographiques majeurs de l’année dans l’univers de la mode. Le réalisateur David Frankel signe son retour derrière la caméra, tandis qu’Aline Brosh McKenna retrouve l’écriture du scénario, cette fois autour d’une histoire originale, distincte de l’adaptation du roman Vengeance en Prada. Le casting d’origine est réuni : Anne Hathaway, Emily Blunt et Meryl Streep reprennent leurs rôles emblématiques. À leurs côtés, de nouveaux visages rejoignent l’univers du film, dont Kenneth Branagh, Lady Gaga, Lucy Liu, Simone Ashley et Pauline Chalamet.
L’âge dans la mode : un sujet désormais central
Au-delà de la promotion du film, cette couverture incarne un débat plus large : celui de l’âgisme dans l’industrie de la mode. La mise en lumière de femmes plus âgées comme figures désirables, influentes et pleinement actrices de leur époque marque une évolution notable des représentations.
Depuis plusieurs saisons, les podiums témoignent de ce changement de regard, avec des présences affirmées de mannequins expérimentées et de figures emblématiques de l’industrie. Cette évolution ne relève plus seulement d’un geste symbolique, mais s’inscrit désormais dans une véritable proposition esthétique.
Miranda Priestly face au temps
Dans ce contexte, le retour de Meryl Streep dans le rôle de Miranda Priestly prend une dimension particulière. Le personnage, désormais proche de la retraite, est confronté à sa propre obsolescence dans un univers médiatique en mutation. Miranda vieillit, mais refuse de disparaître.
Dans son entretien accordé à Vogue US, Meryl Streep explique avoir construit son personnage en s’inspirant de figures qu’elle qualifie de « modèles », majoritairement masculins, soulignant ainsi les dynamiques de pouvoir qui ont nourri son interprétation.
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De son côté, Anna Wintour, aujourd’hui âgée de 76 ans, a quitté son poste de rédactrice en chef de Vogue US à l’été dernier, après une longue direction entamée en 1988. Elle a été remplacée par Chloé Malle au poste de Head of Editorial Content. Elle conserve néanmoins ses fonctions de Global Editorial Director de Vogue et de Chief Content Officer chez Condé Nast, illustrant une transition qui relève davantage de la transformation stratégique que du retrait.
Dans cet échange entre fiction et réalité, cette couverture devient ainsi le symbole d’un basculement culturel : celui d’une industrie qui commence à envisager la longévité non plus comme une exception, mais comme une force.

























