"Il nous traite comme des merdes" : les révélations choc sur un chef parisien
- Soline 🔸 Rédactrice 🔸

- il y a 12 heures
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L’émission Complément d’enquête, diffusée le 26 mars sur France 2, met en lumière les pratiques managériales controversées de certaines figures montantes de la gastronomie parisienne, dont le chef Matan Zaken.
Une image publique soignée, des témoignages contrastés
Présenté comme l’un des représentants de la nouvelle génération de chefs médiatiques, Matan Zaken incarne une réussite moderne : forte présence sur les réseaux sociaux, collaborations avec des marques de luxe et reconnaissance gastronomique. L’émission s’intéresse également au chef Jean Imbert, autre figure très exposée, évoquée dans le cadre d’accusations distinctes.
Cependant, derrière cette image valorisée, plusieurs anciens collaborateurs interrogés par Complément d’enquêtedécrivent des conditions de travail difficiles. Selon l’émission, 26 témoignages d’ex-salariés ont été recueillis, faisant état d’horaires prolongés, de pression constante et d’un management jugé brutal.
Des conditions de travail dénoncées
Parmi les témoignages, une ancienne pâtissière évoque un climat professionnel éprouvant, marqué par des semaines dépassant 60 heures de travail et des propos qu’elle qualifie d’humiliants. D’autres anciens employés rapportent des cris, des insultes ou encore des comportements jugés inappropriés.
Quatre femmes, interrogées anonymement, dénoncent notamment des remarques dévalorisantes, parfois liées à leur apparence ou à leur vie personnelle, ainsi qu’une pression quotidienne importante. Toutes affirment avoir été initialement attirées par l’image d’un chef accessible et moderne, avant de découvrir une réalité plus exigeante.
Des pratiques déjà pointées du doigt
Ces accusations font écho à une précédente enquête publiée par le journal Libération en 2024, qui évoquait déjà un « management toxique » au sein des établissements du chef, incluant des remarques sexistes et des conditions de travail difficiles.
Le reportage souligne également l არსებence de « listes noires » établies par certaines écoles hôtelières. L’École hôtelière de Paris Jean-Drouant aurait ainsi identifié plusieurs établissements dans lesquels elle refuse désormais d’envoyer ses élèves en stage. Cette pratique s’inscrit dans un contexte plus large : selon les données citées dans l’émission, 24 % des apprentis en cuisine déclaraient en 2020 avoir déjà été victimes d’humiliations.
La réponse du chef
Sollicité par Complément d’enquête, Matan Zaken reconnaît des débuts professionnels perfectibles, tout en contestant certaines interprétations des faits. Il affirme avoir depuis structuré son organisation et mis en place un cadre de travail qu’il décrit comme « respectueux, bienveillant et exigeant ».
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Un enjeu plus large pour la gastronomie
Au-delà des cas individuels, l’enquête met en évidence un décalage persistant entre l’image d’une nouvelle génération de chefs, portée par les réseaux sociaux et les médias, et certaines pratiques managériales qui restent critiquées. Elle interroge ainsi la transparence et les conditions de travail au sein des brigades de cuisine, encore largement méconnues du grand public.

























